Les Ondes Urbaines – Chronique radio “1 photo, 1 histoire”

Reportage-portrait -confinement - euralille

Projet radio autour d’une photo de ma grand-mère pendant le confinement

La semaine dernière, j’ai participé à l’enregistrement de l’émission radio LES ONDES URBAINES (LOU #12), seconde émission du LABO 148 à distance en raison du confinement. Elle s’attache à questionner les élans de solidarité qui s’expriment en cette période de crise sanitaire et économique.

J’ai pour ma part présenter la chronique “1 photo, 1 histoire”, chronique dans laquelle un photographe parle d’une photo qu’il a prise et raconte son histoire. J’ai choisi de présenter la photo ci-dessous, tirée de ma série Zwo vous raconte – portrait d’une grand-mère confinée. A travers cette photo, je raconte le quotidien de ma grand-mère et parle d’une période si particulière, le confinement.

Pour découvrir ma chronique, rdv à -34:18 de ce podcast. Vous avez aussi le texte disponible en dessous de la photo.

Bonne écoute, bonne lecture, et n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me partage votre ressenti.

1 photo, 1 histoire – Seule dans les couloirs d’Euralille par Lauriane Zwolinski

Reportage-portrait -confinement - euralille

Nous sommes le Lundi 2 novembre à Lille,  en milieu d’après-midi et en plein confinement. 

On voit une personne âgée qui se balade, seule, avec son masque et son caddie à roulette. Elle se trouve dans la galerie marchande d’Euralille,  et se promène le long de magasins fermés.

Avec cette photographie, je  raconte une petite histoire dans la grande .

Description technique

Mais avant, je vais vous raconter comment j’ai choisi de la prendre. Ce qui attire l’oeil en premier, c’est cette femme isolée. Elle est seule, alors que normalement ici, c’est bondé.
Les néons au plafond créé des lignes de fuite qui dirigent l’attention sur elle.  Cela renforce le sentiment de solitude.
Son regard nous emmène vers un deuxième point, cette grille de magasin fermée sur la gauche. En plus, cette zone est nette. Cela renforce le côté inhabituel de la situation. 
Les néons dont je parlais tout à l’heure donnent des tons assez froids à l’image ce qui va bien avec le vide qui règne ici.
Pour prendre cette photo, j’ai choisi de me baisser pour me mettre à hauteur du regard. Cela permet de renforcer les perspectives et de mieux comprendre la perception du sujet.

Photo du confinement et ses conséquences

Tous ces éléments techniques dont je viens de vous parler permettent de comprendre l’environnement de ma grande histoire. L’histoire d’une période si particulière. 

Une époque où nos libertés ont été fortement limitées pour nous protéger. 
Un moment où nos habitudes ont été complètement remises en cause pour une durée indéterminée pour des questions de santé publique. 
Un temps  où l’on voit des commerces aux rideaux fermés et pour certains qui ne rouvriront jamais.

Dans ce monde devenu ultra capitaliste, il est rassurant de se dire que la santé d’un peuple reste encore prioritaire face à la bonne santé d’une économie.  Mais la période est morose, les conséquences sont et seront lourdes. Il est vraiment temps que cette pause imposée sur nos vies prenne fin. 

Une Lilloise isolée

C’est ce qu’aimerait cette femme masquée. Juliette, c’est le sujet de ma seconde histoire.  C’est une octogénaire qui vit seule dans un appartement du centre ville de Lille.  Pour elle, Euralille, c’est son quotidien car c’est ici qu’elle vient faire ses courses.  C’est une Lilloise autonome, dégourdie, indépendante qui arpente tous les recoins de la ville à pied depuis des années car elle n’a jamais eu le permis.

C’est une “personne à risques” comme on les appelle depuis le début de cette crise. Alors, pour elle, ce confinement, c’est pas une période simple. C’est vrai, elle a la chance d’être en bonne santé. Elle ne l’a pas attrapé ce satané virus. Mais comme beaucoup d’autres, elle n’a pas été épargnée par la solitude de cet isolement forcé.
Alors, malgré le climat étrange qui  règne dans les rues de Lille depuis quelques temps, faire ses courses est vital : c’est à la fois un besoin essentiel et souvent la seule occasion de garder un lien social.

Je m’appelle Lauriane Zwolinski, j’ai 25 ans, je suis photographe et l’histoire que je viens de vous raconter est celle de Juliette, ma grand-mère.
Si j’ai voulu vous plonger dans son quotidien, c’est parce que ces reportages qu’on réalise ensemble sont nécessaires.
Pour moi, C’est un moyen d’expression pour parler d’un sujet qui m’inspire. 
Pour elle, C’est une manière de montrer ce qu’est son quotidien et d’en être fière aussi. 
Et pour nous, c’est  l’occasion  de passer un moment unique rien qu’à deux. 

Et ça, ça n’a pas de prix.

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